Flottille pour Gaza : plusieurs militants français capturés par Israël rapportent des violences et des humiliations

À leur retour en France, vendredi 22 mai, plusieurs militants pro-palestiniens français de la « flottille pour Gaza », capturés en Méditerranée par Israël puis expulsés vers la Turquie ont fait état de « violences », « attouchements » et « humiliations » imposés par les forces israéliennes lors de leur détention. Les membres de l’organisation ont annoncé vouloir « porter plainte dans chacun des pays dont les ressortissants sont concernés ». « Une plainte pénale sera déposée au nom de Global Sumud Flotilla [l’organisation derrière l’opération, NDLR] pour l’ensemble des violences subies par tous les participants », a déclaré Me Mathilde Lantéé, avocate de l’organisation, selon France Info.
Les participants à la flottille pourront par ailleurs porter plainte individuellement, a-t-elle précisé. Arrivés vendredi après-midi à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, les huit Français ont été accueillis par des dizaines de personnes venues leur apporter leur soutien. « Et vive la lutte du peuple palestinien ! » pouvait-on entendre selon BFMTV.
« J’ai subi des attouchements »
Arrivée un peu plus tôt vendredi, Meriem Hadjal, militante capturée le 18 mai, a raconté son calvaire : « On nous a fait passer un par un dans un conteneur noir, j’ai subi des attouchements », a-t-elle assuré à la presse.
Âgée de 38 ans, cette Française a affirmé, émue, que sur ce bateau les transférant en Israël, un soldat « a commencé à toucher la poitrine. Ensuite j’ai pris des grosses claques assourdissantes au niveau de la tête, les attouchements ont continué ».
À Ashdod, dans le sud d’Israël, « on a eu affaire à la police de Ben Gvir (NDLR : ministre israélien de la Sécurité nationale) qui a été extrêmement violente avec nous, humiliante, déshumanisante », poursuit cette aide-soignante. Mercredi, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite, avait publié une vidéo montrant des dizaines de militants humiliés, agenouillés, front contre le sol, les mains liées. Cette publication avait suscité un tollé à l’étranger, mais aussi au sein de son propre gouvernement.
Des « passages à tabac »
De son côté, un autre militant pro-palestinien, Adrien Bertel, 33 ans, a évoqué « des passages à tabac » dans le noir. « Moi par exemple, j’avais du vernis sur les ongles, ils m’ont tout de suite dit « gay », homophobie assumée, du coup couche de violence supplémentaire » a assuré le trentenaire. « Pendant 36 heures, on a dormi avec les menottes, dans le dos, on est allé aux toilettes avec les menottes, c’est un effet de torture assez important quand même », a rapporté Yasmine Scola, 29 ans. Elle a évoqué des « parades » humiliantes auxquelles auraient été soumises des femmes, parfois « agenouillées », face à des soldats les insultant ou se moquant d’elles.
Sollicitée par l’AFP, l’administration pénitentiaire israélienne (IPS) a qualifié ces accusations de violences physiques et psychologiques, harcèlement sexuel, agressions et viols comme étant « fausses et dénuées de tout fondement factuel ».Partis de Turquie, quelque 430 militants de la Global Sumud Flotilla (« sumud » signifie « résilience » en arabe) souhaitaient attirer l’attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, dévastée par l’armée israélienne. La flottille avait pour objectif de briser le blocus maritime imposé par Israël.