Israël, nouvel hégémon au Liban ?

Le Liban est aujourd’hui à la croisée des chemins. Après un dernier trimestre 2024 marqué par l’affrontement entre Israël et le Hezbollah, et qui avait vu la milice chiite libanaise encaisser des coups d’une violence extrême face à une armée israélienne victorieuse, l’élection du commandant en chef de l’armée Joseph Aoun à la présidence de la République le 9 janvier 2025, suivie par la nomination de Nawaf Salam, ex-président de la Cour internationale de Justice, au poste de Premier ministre, avait semblé annoncer le début d’une ère nouvelle. Un an plus tard, les choses paraissent toutefois plus complexes. Si le nouveau pouvoir libanais a fait de nombreux progrès sur la voie des réformes financières, économiques et sociales, c’est en effet sur le plan sécuritaire et politique, enjeu central, que le bât blesse. La problématique essentielle tourne autour du désarmement du Hezbollah, exigé par Israël. Si le cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024 sous médiation américaine (et qui s’appuie sur la Résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU) a mis fin aux combats, et énoncé le principe du désarmement du Hezbollah, entérinant de facto l’affaiblissement de ce dernier, il n’a cependant pas spécifié de façon claire et incontestable l’ampleur exacte de ce désarmement, ni son aire géographique. Israël affirme ainsi que le désarmement doit se faire dans tout le Liban, alors que le Hezbollah répond que cela doit se faire uniquement dans une étroite bande frontalière, d’une largeur de 5 à 7 kilomètres, au sud du fleuve Litani à la frontière libano-israélienne. Si certaines sources affirment, de leur côté, que le Hezbollah aurait été largement neutralisé au plan militaire, puisqu’il aurait perdu entre 2000 et 4000 morts, ainsi que l’élite de ses chefs et cadres militaires, tandis que près de 90 % de ses armes dites « stratégiques » (les missiles et les […]