Histoire d’Israël : des origines à l’époque moderne
Une terre ancienne au cœur des civilisations
Israël est une terre chargée d’histoire, habitée depuis des millénaires. Située au carrefour de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe, cette région a vu naître certaines des plus grandes civilisations et religions du monde. L’histoire d’Israël est étroitement liée à celle du peuple juif, mais elle inclut également des périodes romaine, byzantine, arabe, ottomane et britannique avant la fondation de l’État moderne en 1948.
Les origines antiques d’Israël
Selon la tradition biblique, les premiers Hébreux, guidés par Abraham, s’installent en terre de Canaan vers le IIe millénaire av. J.-C. Cette époque est marquée par les récits de la Genèse et de l’Exode. Vers le XIe siècle av. J.-C., le roi Saül fonde le royaume d’Israël, suivi par David, qui établit Jérusalem comme capitale, puis Salomon, qui bâtit le Premier Temple.
Après la mort de Salomon, le royaume se divise en deux : Israël au nord et Juda au sud. Ces royaumes sont conquis successivement par les Assyriens (722 av. J.-C.) et les Babyloniens (586 av. J.-C.), qui détruisent le Premier Temple et déportent les Juifs à Babylone.
Domination étrangère et diaspora
Après le retour de l’exil babylonien, le Second Temple est construit à Jérusalem en 516 av. J.-C. Israël passe sous la domination des Perses, puis des Grecs, jusqu’à la révolte des Maccabées qui mène à l’indépendance de la Judée sous les Hasmonéens (IIe siècle av. J.-C.).
En 63 av. J.-C., la région est annexée par Rome. En 70 ap. J.-C., les Romains détruisent le Second Temple, provoquant la dispersion du peuple juif (diaspora). En 135, après la révolte de Bar Kokhba, Jérusalem est rebaptisée Aelia Capitolina, et l’accès aux Juifs est interdit.
Périodes byzantine, islamique et ottomane
Entre le IVe et le VIIe siècle, la région devient majoritairement chrétienne sous l’Empire byzantin. En 638, les armées arabes conquièrent Jérusalem. La Palestine devient une région islamique pendant plus de 1 300 ans, ponctuée par les croisades (XIe-XIIIe siècles) et la domination ottomane de 1517 à 1917. Pendant cette période, plusieurs communautés juives continuent à vivre à Jérusalem, Safed, Hébron et Tibériade.
Le sionisme et la déclaration Balfour
À la fin du XIXe siècle, face à l’antisémitisme croissant en Europe, naît le sionisme, un mouvement politique appelant à la création d’un État juif en Palestine. En 1897, Theodor Herzl organise le premier congrès sioniste à Bâle.
En 1917, la déclaration Balfour du gouvernement britannique soutient l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine. Après la Première Guerre mondiale, le territoire passe sous mandat britannique, renforçant les tensions entre Juifs et Arabes.
La fondation de l’État d’Israël (1948)
Après la Seconde Guerre mondiale et l’Holocauste, la pression internationale s’intensifie pour offrir un refuge aux survivants juifs. En 1947, l’ONU adopte un plan de partage de la Palestine entre un État juif et un État arabe. Les Juifs acceptent, les Arabes refusent.
Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame l’indépendance d’Israël. Le lendemain, plusieurs pays arabes déclarent la guerre au nouvel État. Israël résiste et gagne en territoire par rapport au plan de partage initial.
Les guerres israélo-arabes
Entre 1948 et 1973, Israël est impliqué dans plusieurs conflits majeurs :
- Guerre d’indépendance (1948-49)
- Crise de Suez (1956)
- Guerre des Six Jours (1967) : Israël occupe Gaza, le Sinaï, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et le Golan.
- Guerre du Kippour (1973) : surprise égypto-syrienne, mais contre-attaque israélienne victorieuse.
Ces guerres redessinent la carte du Moyen-Orient et provoquent l’exil de nombreux réfugiés palestiniens, donnant naissance au conflit israélo-palestinien contemporain.
Les accords de paix et les intifadas
En 1979, Israël signe la paix avec l’Égypte. En 1993, les accords d’Oslo sont signés avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), créant l’Autorité palestinienne. En 1994, la Jordanie établit aussi la paix avec Israël.
Mais ces efforts sont interrompus par les violences : la première intifada (1987-1993) et la seconde intifada (2000-2005) provoquent la mort de milliers de personnes, des deux côtés.
Israël aujourd’hui : entre modernité et tensions
Israël est aujourd’hui une démocratie dynamique et l’un des pays les plus avancés technologiquement au monde. Sa capitale, Jérusalem, est une ville sainte pour le judaïsme, le christianisme et l’islam. Le pays compte plus de 9 millions d’habitants, dont environ 20 % d’Arabes israéliens.
Cependant, les tensions persistent avec les Palestiniens. Des questions comme le statut de Jérusalem, les colonies en Cisjordanie, et le droit au retour des réfugiés palestiniens restent non résolues. Les accords d’Abraham signés en 2020 avec plusieurs pays arabes (Émirats, Bahreïn, Maroc) ont cependant marqué un tournant diplomatique dans la région.
Conclusion : une histoire complexe et vivante
L’histoire d’Israël est marquée par une continuité culturelle et spirituelle remontant à l’Antiquité, mais aussi par des ruptures politiques, des conflits et des renouveaux. Comprendre l’histoire d’Israël, c’est aussi mieux saisir les enjeux actuels du Moyen-Orient et la profondeur des identités qui y cohabitent. Entre mémoire, modernité et aspiration à la paix, Israël reste un acteur central du monde contemporain.