La fabrique d’un cessez-le-feu asymétrique entre Israël et le Liban

À l’issue du quatrième cycle des négociations directes entre le Liban et Israël, débutées le 14 avril dernier à Washington, Tel-Aviv et Beyrouth ont convenu le mercredi 3 juin de la mise en œuvre d’un cessez-le-feu soumis à d’importantes conditions. Le contenu de cette déclaration pourrait bien marquer un tournant dans le conflit, tant par ses modalités que par ses zones d’ombre. Le 3 juin, le département d’État étatsunien a publié une déclaration conjointe, dans le cadre des pourparlers directs engagés entre le Liban et Israël sous parrainage des États-Unis, convenant de la mise en œuvre d’un cessez-le-feu entre les deux pays. Pour autant, dès le lendemain de l’annonce, le sud du Liban et la région de la Bekaa ont de nouveau connu les tirs nourris de l’armée israélienne, faisant 8 morts et 15 blessés. Un bilan qui s’élève depuis le 2 mars dernier à 3 613 tués, 11 072 blessés et plus de 1,2 million de déplacés selon le bilan ministère de la Santé libanais en date du 7 juin. Un cessez-le-feu conditionné et progressif Car, dans les faits, l’annonce parvenue depuis Washington n’a rien d’une trêve, elle relève plutôt d’un accord-cadre, assorti de conditions, visant à « progresser vers un accord global de paix et de sécurité ». Sa mise en œuvre demeure ainsi subordonnée à « l’arrêt complet des tirs du Hezbollah » et à l’évacuation de tous ses membres du sud du fleuve Litani. En revanche, aucune mention n’y est faite d’arrêt des frappes israéliennes, ni des modalités d’un éventuel retrait de son armée. En sus, la déclaration précise la volonté des deux parties de progresser vers la création de « zones pilotes » dans lesquelles l’armée libanaise exercera le contrôle « à l’exclusion de tous les acteurs non étatiques ». En plus d’éluder l’occupation israélienne en mettant exclusivement l’accent sur le […]